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Être enseignante en 2020

Je suis enseignante au secondaire.

J'enseigne le français.
Cette année est une année absolument merveilleuse. Mes élèves me poussent à me dépasser et à monter de fabuleux projets qui vont les intéresser. Je les adore vraiment et ils me le rendent bien. Je suis choyée.

L'an passé, par contre, j'ai dû arrêter de travailler pendant deux mois. Mes élèves étaient tellement désagréables, que j'en suis arrivée à pleurer sans retenue en pleine classe. Les larmes coulaient toutes seules pendant que j'écrivais des notions ou des exemples au tableau... Il n'y avait plus rien à faire, malgré tous mes efforts, je n'étais pas capable de passer ma matière, ils n'étaient pas enseignables.

Quand je dis "ils", je parle de...7 ou 8 élèves seulement...mais qui m'ont eue à l'usure. Les autres ne méritaient pas de ne pas avoir l'enseignante que je suis cette année et je le savais.
En fait, ce qui me rendait si triste et désespérée était le fait de ne pas pouvoir faire mon vrai travail: enseigner.

Personnellement, je me réalise quand je suis capable de sentir que j'ai été bonne et efficace, que j'ai pu ouvrir des chemins à des connaissances actuelles et futures. Je le sais quand j'ai fait une belle job comme prof...je le vois dans les yeux de mes élèves, ils sont reconnaissants, ils savent qu'ils avancent et moi aussi.

Mais...c'est long une année scolaire à ne pas avoir de plaisir, à se faire envoyer promener, à passer son temps à essayer de régler des problèmes de gestion de classe et de comportement...c'est vraiment long pour moi, mais aussi pour les élèves qui veulent apprendre et qui aspirent à de belles études pouvant leur ouvrir toutes les portes du monde du travail.

La première année difficile, on tient bon.
On pleure parfois, on arrive crevée et on attend que ça finisse.
L'année où cela se passe à nouveau, on sait à quoi s'attendre, on pense être ferrée, mais ça nous mine.
Puis, on vit le coup de grâce et on reste à terre...

Dans notre métier, on travaille tout le temps pour nos élèves et on pense toujours à eux. La fin de semaine aussi, pendant les vacances et plusieurs années plus tard également. On est toujours en réunion ou en formation pour leur offrir le meilleur possible, on se questionne, on s'ajuste et on corrige ce qui n'a pas bien marché pour que la prochaine fois ce soit encore mieux. On s'attache à eux, ils deviennent une partie de notre vie.

La moindre des choses serait que notre travail soit reconnu à sa juste valeur.

Apprenons la politesse et la reconnaissance à nos enfants et disons leur qu'ils ne savent pas tout.
Je ne sais pas tout, j'apprends tous les jours.
J'espère apprendre jusqu'à mon dernier souffle, j'espère pouvoir toujours trouver une source d'émerveillement, de curiosité, d'excitation dans cette belle vie qui est la mienne.
Je vous souhaite la même chose
xx Julie

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